Municipales 2020 en Dordogne : le chaudron de Montpon-Ménestérol

Publié le par Hervé Chassain.

Entre quatre et cinq listes sont en préparation dans cette commune où le vote extrême est très élevé.

La neuvième ville de Dordogne, 5 500 habitants, est réputée pour son ambiance politique à fleur de peau. Les municipales de mars 2020 devraient le confirmer. Entre quatre et cinq listes sont en gestation. Montpon-Ménestérol est aussi connue pour ses forts taux de vote accordés au Front puis au Rassemblement national : 41,5 % pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017, soit 1 169 voix.

Les remous autour de la construction d’une salle de prière musulmane depuis 2015 ont sans doute alimenté ce vote. Pourtant, aucune liste issue du mouvement lepéniste n’est envisagée pour ces municipales, a déjà annoncé le responsable départemental du RN, Frédéric Gojard. La nécessité de trouver 29 noms prêts à s’afficher sur un bulletin n’est pas étrangère à ce choix. Mais les électeurs du vote extrême seront très courtisés.

La majorité s’est divisée

Deux listes sont déjà issues de l’actuelle majorité, élue en 2014, qui se sépare dans la douleur et les boules puantes. Elles ont installé leurs permanences presque côte à côte, à proximité de la mairie. « On peut voir qui entre », plaisantent les militants de chaque bord.

Jean-Paul Lotterie, 72 ans, le maire sortant qui est aussi président de la Communauté de communes Isle Double Landais et conseiller départemental, a décidé de prendre du recul en proposant la tête de liste à l’une de ses adjointes, Rozenn Rouiller. C’est aussi sa compagne et il réfute tout népotisme en soulignant toutes les qualités de cette radiologue de 49 ans qui a déjà assuré deux mandats dans son équipe.

Rozenn Roullier est la tête de la liste où figurera aussi son compagnon Jean-Paul Lotterie.
Rozenn Roullier est la tête de la liste où figurera aussi son compagnon Jean-Paul Lotterie.

Crédit photo : G. Herlemont

Cette décision a provoqué en septembre la démission de trois adjoints de la majorité (Laurence Lagoubie, Maryse Delibie et Dominique Blin) et du vice-président de la Communauté de communes, Franck Salat. Ce dernier avait déjà parlé de son intention de se présenter dès 2018 et pensait que Jean-Paul Lotterie se retirerait en sa faveur. D’autant qu’ils étaient alors tous deux dans la mouvance macroniste.

Peiro soutient Rozenn Rouiller

La candidature de Rozenn Rouiller a été annoncée dans un premier temps par une lettre ouverte de Jean-Paul Lotterie. Il précisait qu’il sera sur la liste « pour un poste d’adjoint sans indemnité ». Elle a été suivie d’un courrier de la candidate présentant une charte des valeurs de sa liste en cinq points : l’intérêt général, les principes de la République, le respect de chacun, un comportement digne et un engagement au travail.

La liste intitulée En action ensemble est sans étiquette. Rozenn Rouiller a été autrefois au PS (elle a été la suppléante de Michel Moyrand aux législatives de 2014), mais pas à LREM. Elle n’a d’ailleurs pas demandé le soutien des marcheurs pour sa candidature. « Mais j’ai celui de Germinal Peiro », assure-t-elle.

Montpon est une commune pauvre, 30 % des gens vivent avec des minima sociaux », explique-t-elle.

Elle s’appuie sur le bilan de la majorité sortante en insistant sur la sécurité avec davantage de prévention, le cadre de vie en centre-ville, l’économie et l’écologie.

Franck Salat avec LREM Municipales 2020 en Dordogne : le chaudron de Montpon-Ménestérol

Franck Salat (à droite) a démissionné de la majorité municipale pour monter sa propre liste.

La liste Solidarité citoyenne que mène Franck Salat, 49 ans, est elle aussi sans étiquette. Mais le créateur du groupe d’En Marche à Montpon a demandé le soutien de LREM et l’a obtenu de la part du délégué départemental. « Mais il y a toutes les tendances dans mon équipe », avance celui qui se considère comme « un modéré ».

Il démarre en position défensive, alors que le maire sortant raconte partout que cet ancien patron d’une société d’ambulances a fondu les plombs. « C’est une entreprise que j’ai créée et amenée jusqu’à 133 personnes. J’ai eu des difficultés suite à un accident qui m’a éloigné de la société et j’ai dû la vendre à un grand groupe. Mais pas en faillite », insiste Franck Salat. D’ailleurs, il a conservé d’autres activités. « Mais moi, je sais ce que c’est que le monde de l’entreprise, de prendre des risques personnels sans compter sur l’argent public. »

La sécurité, l’économie et le cadre de vie font partie de ses thèmes de campagne

La sécurité, l’économie et le cadre de vie font partie de ses thèmes de campagne. Il est très sensible « à tous ceux qui ont exprimé un vote de détresse avec le RN. Je ne vais pas surfer sur cette vague-là mais il faut en tenir compte ». Il a pris dans son équipe un cadre de la police girondine pour travailler sur la sécurité.

Le sondage de Lepachelet

Retrouvez le sondage en cliquant sur ce lien : https://forms.gle/vP7KRVnRRbHt6wSq9

« Je suis en campagne depuis le lendemain de mon élection dans l’équipe minoritaire en 2014 », rappelle Jean-Luc Lepachelet.

Cet ancien marin de 65 ans mène la liste Montpon avant tout, agir sans attendre. Ancien du Nouveau Centre, il est désormais sans étiquette. Il réfute « faire du pied au RN. Les gens qui votent pour eux expriment surtout de la colère ».

Jean-Luc Lepachelet, farouche opposant, sonde les habitants sur leurs besoins.
Jean-Luc Lepachelet, farouche opposant, sonde les habitants sur leurs besoins.

Crédit photo : photo DR

Il est très actif au Conseil municipal, sur les réseaux sociaux et des blogs. Il n’a pas de permanence de campagne, mais il est souvent dans la rue.

Jean-Luc Lepachelet est omniprésent sur le marché pour rencontrer les habitants et faire remplir son sondage (que l’on trouve aussi sur son site Internet https://forms.gle/vP7KRVnRRbHt6wSq9).

Un questionnaire copieux qui aborde tous les aspects de la vie locale.

Il souligne qu’il a été force de propositions pour faire créer une police municipale et installer des caméras dans la ville : « Le maire n’en voulait pas au début, mais à force d’insister il y est venu. »

Il est surtout inquiet pour l’économie locale en voyant les emplois diminuer chez Grégoire et chez Kimo. S’il est élu, sa première mesure sera de diminuer les indemnités du premier magistrat et des adjoints. L’argent économisé sera utilisé pour revitaliser le centre-ville.

Deux autres listes à venir

Jeanine Chouzenoux, gaulliste convaincue de 62 ans, prépare sa liste Avec vous pour vous, qu’elle présentera vendredi 22 novembre au cours d’une réunion publique à 22 heures à la salle des fêtes. Elle ne veut pas en dire plus, mais on peut déjà voir ce qu’elle pense sur sa page Facebook.

Jeanine Chouzenoux, gaulliste convaincue, veut s’engager pour sa ville.
Jeanine Chouzenoux, gaulliste convaincue, veut s’engager pour sa ville.

Crédit photo : photo DR

Quant à l’ancienne tête de liste de droite Corinne Gimenez, il se dit qu’elle prépare aussi une liste. Elle laisse planer le doute, mais semble y penser sérieusement.

 

 

 

 

Publié le par Hervé Chassain.

 

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